La solidarité comme choix de cohésion

Des racines latines du mot « solidarité » à la responsabilité partagée : ce qui unit ce qui, sans cela, se disperserait

Il y a des mots qui semblent légers, mais qui ont en réalité beaucoup de poids.
« Solidarité » en fait partie. Nous le prononçons comme un acte de bonté, mais à l'origine, il recèle une idée de cohésion, de structure, de lien.

Il vient du latin solidus: ce qui est entier, compact. Et avant même de devenir une vertu morale, la solidarité était une catégorie juridique.

In solidum : quand la responsabilité n'est pas partagée

En latin juridique, on trouvait l'expression « in solidum ». Elle désignait une obligation pour laquelle chacun était responsable de la totalité. Pas d'une partie. Pas proportionnellement. Mais de tout.

C'est un concept radical.

Cela signifie que le lien ne se préserve pas en répartissant le poids : on l'assume ensemble.

C'est ici que naît la solidarité. Non pas comme une émotion, mais comme une forme de responsabilité partagée. Non pas comme un geste généreux, mais comme une structure qui empêche la fuite.

Être solidaire, c'est dire : ce qui arrive à l'autre me concerne pleinement.

Le solide : ce qui occupe de l'espace

En géométrie, un solide n'est pas une surface : c'est quelque chose qui a un volume, un poids, une présence. Il occupe de l'espace et résiste. Son contraire n'est pas simplement la fragilité, mais ce qui se disperse, ce qui ne parvient pas à conserver sa forme lorsqu'il est soumis à une pression.

Le mot « soldat » trouve lui aussi son origine dans la même racine que « solidus », la monnaie romaine avec laquelle étaient payés ceux qui combattaient. Le « soldarius » était, littéralement, celui qui recevait un solde. Il est curieux de constater qu’un mot issu de la valeur concrète d’une pièce de monnaie en soit venu à désigner celui qui accepte de s’inscrire dans une structure, celui qui endosse un rôle et un engagement au sein d’un ensemble plus vaste.

La solidarité, cependant, ne naît pas du salaire. Elle naît du lien. Ce n'est ni un salaire ni une rémunération : c'est un choix de vie, une forme qui nous unit.

C'est pourquoi une communauté dépourvue de solidarité ressemble à une surface : elle peut paraître compacte, mais il suffit de peu pour qu'elle se fissure. Une communauté solidaire, en revanche, est un solide : ses éléments s'interdépendent, se soutiennent mutuellement et se reconnaissent comme coresponsables.

De la théorie à la pratique

Un « Corriere Solidale » de TakeMeBack n'est pas un geste ponctuel.
Il met en lumière un principe ancestral : in solidum. Il n'apporte pas seulement une aide matérielle. Il affirme qu'une distance géographique n'annule pas une responsabilité morale.
Il n'y a pas de « nous » qui intervenons et de « eux » qui reçoivent. Il existe un lien qui s'assume pleinement.

La solidarité n'est pas verticale. Elle est structurelle. C'est ce qui empêche une école, une communauté, un espoir de s'effondrer sous le poids de l'indifférence.

Choisir de faire partie de l'équipe

À une époque qui fragmente tout, faire preuve de solidarité, c'est choisir la cohésion. C'est accepter que la responsabilité ne se partage pas. Tu peux rester en surface. Ou bien tu peux faire partie du tout.

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Car la solidarité n'est pas seulement un joli mot. C'est une responsabilité partagée. C'est ce qui fait tenir le monde debout.

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